Pourquoi les jeunes s'engagent autrement aujourd'hui ? Le cas du Sénégal

Pourquoi les jeunes s'engagent autrement aujourd'hui ? Le cas du Sénégal

5 juillet 2026 5 min de lecture

Une jeunesse majoritaire, mais souvent mal entendue

Le Sénégal est un pays jeune au sens littéral du terme. En 2023, 75 % de la population sénégalaise avait moins de 35 ans, représentant à la fois un immense potentiel et des défis considérables. Cette démographie n'est pas anodine : elle façonne profondément les formes d'engagement civique, les revendications politiques et les modes de mobilisation collective comme le United Nations Development Programme.

Pourtant, pendant longtemps, cette jeunesse a été perçue comme apathique, désintéressée de la chose publique. Les faits récents démentent largement ce préjugé.

De la rue aux écrans : une transformation des formes d'engagement

L'engagement des jeunes Sénégalais ne s'est pas éteint. Il s'est transformé. Les jeunes ont pris conscience de leur statut d'acteurs du changement, à travers un pouvoir d'agir et de mobiliser leurs communautés et les réseaux sociaux leur offrent aujourd'hui une audience jamais égalée auparavant.

Selon une étude du Digital Report, sur 10,71 millions d'internautes au Sénégal, plus de 34,4 % des adolescents utilisent les réseaux sociaux quotidiennement. Ces plateformes sont devenues des espaces de débat, de plaidoyer et de coordination citoyenne  parfois plus efficaces que les canaux institutionnels traditionnels. (Source : letechobservateur)

À l'échelle globale, une tendance se confirme également : en 2024, la principale forme de participation citoyenne des jeunes reste la signature d'une pétition ou la prise de position sur Internet. Le Sénégal ne fait pas exception à cette dynamique. (Source : Opengouv)

Quand la société civile prend le relais des partis politiques

Face à une méfiance croissante envers les partis politiques traditionnels, les jeunes Sénégalais ont fait des réseaux sociaux et des mouvements citoyens des espaces privilégiés de débat, de contestation et de mobilisation comme on l'a vu lors du mouvement Y'en a marre, ou plus récemment dans les actions de sensibilisation autour des élections présidentielles de 2024. Formé en 2011 par un groupe de rappeurs et de journalistes sénégalais afin d'encourager les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales et à exercer leur droit à la liberté d'expression, le mouvement Y'en a marre a contribué à empêcher la candidature de l'ancien président Abdoulaye Wade et à imposer l'alternance politique. Ce précédent a posé les bases d'une nouvelle culture citoyenne au Sénégal. (Source : French Journal For Media Research)

Plus récemment, les organisations de la société civile ont constitué un tremplin offert aux jeunes pour l'accès à une carrière d'élu comme en témoigne Guy Marius Sagna, qui s'est d'abord distingué pour son engagement citoyen en tant que membre fondateur du FRAPP, avant d'être élu député en 2022. (Source : Boell)

 

2024 : l'année où la jeunesse a pesé dans les urnes

L'élection présidentielle de mars 2024 a constitué un tournant majeur. Tout au long de l'année 2023 et au début de 2024, le pays a été le théâtre de graves manifestations contre l'administration du président Macky Sall, au cours desquelles des milliers de jeunes manifestants ont été arrêtés. (Source : BudgiT Senegal)

Malgré, ou à cause de cette répression, le Président  Bassirou Diomaye Faye a réalisé une percée surprise, porté notamment par une jeunesse séduite par la promesse d'un changement de système, de davantage de justice et d'une diminution des inégalités. (Source : Wikipedia)

Les événements de 2024 ont souligné l'importance d'une société civile forte pour préserver la démocratie des organisations qui ne défendent pas seulement la démocratie et la bonne gouvernance, mais contribuent également au développement durable, à la transition énergétique, à la justice climatique et à l'égalité des sexes. (Source : BudgiT Senegal)

Des freins réels qui persistent

L'engagement des jeunes se heurte toutefois à des obstacles structurels. Le manque de confiance dans les institutions  beaucoup de jeunes estimant que leur voix n'a aucun impact réel sur les décisions politiques et l'absence de formation civique freinent encore une participation plus large. (Source : Seneinfo)

C'est précisément ce constat qui a conduit des acteurs institutionnels à agir : la Délégation de l'Union européenne à Dakar a lancé un appel à propositions afin de soutenir l'engagement de la société civile pour la jeunesse sénégalaise dans leurs dynamiques sociales, entrepreneuriales, de participation, d'inclusion et de gouvernance. (Source : EEAS)

Vers un engagement structuré et outillé

Des forums comme le YouthConnekt Sénégal 2024 ont mobilisé des jeunes des régions du pays autour de la thématique "Responsabiliser la Jeunesse Sénégalaise pour son Propre Développement : Jeunes Autonomes - Jeunes Citoyens - Jeunes Leaders", leur permettant de s'exprimer sur leurs aspirations et leurs craintes face à un futur incertain. (Source : United Nations Development Programme)

Mais au-delà des forums, les jeunes attendent des outils concrets des espaces où leur parole ne reste pas lettre morte, où une pétition signée peut réellement atteindre un décideur, où une lettre ouverte peut générer une réponse.

C'est dans cet espace que s'inscrit Kaddu.org. Lancez une pétition, rédigez une lettre ouverte  et suivez leur chemin, étape par étape, jusqu'aux décideurs. Pas seulement un espace d'expression, mais un vrai outil d'impact citoyen.




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