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Emploi & Economie

Pour un financement audacieux de la jeunesse : Réformons les critères de la DER et du FONGIP pour stopper l'exode et libérer notre économie

MAMADOU NDIAYE MAMADOU NDIAYE ·il y a 1 mois
À Son Excellence Monsieur le Préside…

À l'attention de Son Excellence Monsieur le Président de la République du Sénégal,

Sous couvert des Ministères de l'Économie et de la Jeunesse,

Et à l'attention des Directions Générales de la DER/FJ et du FONGIP.

 

Monsieur le Président de la République,

Mesdames et Messieurs les décideurs publics,

 

Le Sénégal se trouve aujourd'hui à une croisée des chemins critiques. D'un côté, nous avons une jeunesse extrêmement dynamique, bouillonnante d'idées et porteuse de projets innovants. De l'autre, nous assistons, impuissants, au drame continu de l'immigration clandestine, alimentée par le chômage endémique, la précarité et parfois, la corruption qui gangrène certaines stratégies de notre économie.

L'État du Sénégal, conscient de cette urgence, a mis en place des instruments financiers puissants, à l'image de la DER/FJ et du FONGIP. Ces structures disposent des fonds nécessaires. Leur vocation première est de servir de levier à cette jeunesse pour créer de la valeur, de l'emploi et de la richesse nationale.

Pourtant, un goulot d’étranglement persiste.

Aujourd'hui, l'écrasante majorité des jeunes porteurs de projets se heurte à un mur administratif et financier : l'exigence de garanties inaccessibles. Comment demander à un jeune diplômé, ou à un jeune entrepreneur issu des quartiers ou des régions, qui n'a ni patrimoine foncier ni caution bancaire, de fournir les mêmes garanties que celles exigées par le système bancaire classique ? En calquant leurs exigences sur celles des banques commerciales, ces organismes d'État se coupent de leur mission sociale et économique première.

L’entrepreneuriat, par essence, est un risque. La règle d'or de l'économie d'innovation est que "qui ne tente rien n'a rien". Vous demandez à notre jeunesse d'être audacieuse, de se lancer, de créer. Mais l'État, à travers ses instruments de financement, doit lui aussi faire preuve de cette même audace. L'État doit accepter d'investir sur le potentiel, sur l'idée et sur la personne, plutôt que sur un titre foncier. Il faut passer d'une logique de "banque de dépôt frileuse" à une logique de "capital-risque public et citoyen". Si les organismes de financement publics refusent de plonger dans l'aventure avec leurs jeunes, qui le fera ? Cet argent est là pour financer l'avenir du pays, pas pour dormir dans des comptes sécurisés ou être réservé à une élite déjà nantie.

C'est pourquoi, à travers cette lettre, nous exigeons :

L'assouplissement immédiat et radical des garanties matérielles exigées par la DER/FJ, le FONGIP et les structures assimilées pour les primo-entrepreneurs.

La mise en place d'un modèle basé sur la confiance, le mentorat et l'accompagnement technique, où la viabilité du business plan et la motivation du porteur de projet constituent la garantie principale.

Une transparence totale sur les critères d'attribution pour lutter contre toute forme de clientélisme ou de corruption.

L'audace que vous attendez de la jeunesse doit se refléter dans vos signatures d'octroi de crédit. Faites confiance à notre potentiel. Finançons nos jeunes pour qu'ils bâtissent le Sénégal de demain, ici et maintenant, au lieu de les risques regarder leur vie dans l'Atlantique.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs les décideurs, l'expression de notre profond engagement patriotique.

 

Mamadou Ndiaye

THE PATRIOT MAN

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